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Bienvenue dans l’ère des Leaders !

Paru en 1946, le livre « Concept of the Corporation » de Peter Drucker (1909-2005) a jeté les bases du management moderne décentralisé et entériné l’idée selon laquelle le XXème siècle était l’ère des organisations et des institutions.

Comment ne pas lui donner raison, tant il apparaît évident que l’émergence des grandes entreprises au début du XXème siècle (tel General Motors qu’il étudie dans son livre) est un phénomène inédit dans l’histoire humaine, et que c’est précisément cette émergence qui a permis l’avènement d’une période de prospérité sans précédent en Occident au XXème siècle. Ces grandes entreprises, qui ont donc eu impact crucial dans le développement de nos sociétés modernes, sont des structures extrêmement complexes. Elles n’ont pu naître et croître jusqu’à devenir ce qu’elles sont aujourd’hui que grâce à une organisation efficace du travail à grande échelle, mise en œuvre par ce que nous appelons les managers.

Le manager est un cadre qui gère une équipe dont il définit les priorités et les méthodes de travail afin d’atteindre les objectifs de l’entreprise, et si possible de réaliser des gains de productivité, c’est-à-dire d’augmenter la production de biens ou de services produits pour chaque unité de facteur travail utilisé. Pour cette raison, Drucker considérait que le manager était la pierre angulaire de la grande entreprise complexe, et donc par extension de la société moderne toute entière. À travers le travail de Drucker, il apparaît donc que le XXème siècle fût incontestablement l’ère des managers et du management.

« le management est différent du leadership »

Toutefois, il semble que notre monde actuel ne correspond plus exactement à celui décrit par Drucker il y a plusieurs décennies de cela.

En effet, si les grandes organisations complexes existent encore, et sont même plus grandes et plus importantes que jamais dans nos sociétés, les progrès technologiques actuels (Intelligence Artificielle, Big Data, Robotique et Machine Learning entre autres) semblent rebattre complètement les cartes dans nos organisations. Le management dit traditionnel, que l’on pourrait associer à Drucker, semble dépassé et inadapté pour répondre aux enjeux du nouveau monde dans lequel nous entrons. La notion de leadership, elle, semble davantage pertinente pour décrire ce dont nos organisations ont besoin pour continuer à progresser dans ce nouveau monde complexe : pour reprendre les termes de Peter Drucker, « le management est différent du leadership, le management consiste à bien faire les choses, alors que le leadership consiste à faire les bonnes actions ».

Faire bien ou faire la bonne action ?

Or si « bien faire les choses » était un enjeu majeur à l’époque de Drucker, le progrès des compétences humaines, via l’éducation et les cursus d’études supérieures toujours plus poussés, conjugué à la croissance exponentielle de nos capacités technologiques, rend moins crucial cet enjeu du « bien faire », beaucoup plus facile à atteindre désormais.

De plus, à force de tirer inlassablement sur la corde des gains de productivité à tout prix, les managers des grandes entreprises ont contribué à aggraver le bilan humain et écologique de ces dernières, avec en point d’orgue au début des années 2000 des drames tels que l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon de BP (Mexique, 2010) ayant entraîné la pire marée noire de l’histoire, ou l’effondrement du bâtiment du Rana Plaza (Bangladesh, 2013) ayant causé la mort de plus de 1100 ouvriers travaillant pour des géants de l’industrie textile. Ces catastrophes ont contribué à écorner considérablement l’image publique de ces grandes

 

entreprises et nous ont fait perdre espoir en la capacité de ces organisations à avoir un impact global positif dans nos sociétés.

Le véritable enjeu de notre ère réside donc davantage dans la réalisation de la « bonne action » : il ne s’agit plus seulement de perfectionner un savoir-faire, mais véritablement de repenser son savoir-être, sa raison d’exister. Et c’est précisément le rôle du leader de redéfinir la vision de son entreprise en proposant une raison d’être suffisamment fédératrice, conciliant la réalisation d’une mission d’intérêt général globale avec l’impératif de profitabilité économique.

Raison d'être et raison de faire

Ainsi, un leader comme Elon Musk a su créer autour de Tesla un engouement populaire inédit pour une marque automobile en ayant pour raison d’être assumée la nécessaire transition vers un système d'énergie renouvelable.

En plus de l’impact de leur entreprise sur le monde extérieur, les leaders doivent également repenser le rapport au travail de leurs équipes : il ne suffit pas que l’entreprise ait une raison d’être globale, il faut également que chacun au sein de l’entreprise ait une « raison de faire » qui lui soit personnelle. Cette « raison de faire » est le moteur qui permet à chacun d’être convaincu de l’utilité et du sens profond de sa mission au sein de l’entreprise et plus largement au sein de la société.

À l’inverse du manager, qui autrefois dictait la marche à suivre, et contrôlait les faits et gestes des membres de son équipe, le leader d’aujourd’hui prend le soin de laisser à chacun une certaine marge de manœuvre et encourage les initiatives astucieuses. Ainsi, il favorise l’épanouissement personnel, suscitant chez chacun une motivation bien plus importante et permettant de révéler et d’utiliser le potentiel de tous au bénéfice de l’entreprise.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si depuis quelques années les entreprises trustant les premières places des classements boursiers ne sont plus les mastodontes industriels de l’automobile, des énergies ou de l’agro-alimentaire, mais quasi-exclusivement des entreprises technologiques. En effet, ces dernières ont compris mieux que personne que dans une ère où les technologies se développent à une vitesse folle, les organisations qui s’en sortiront le mieux seront celles qui feront appel à l’ingéniosité et à la créativité humaines pour tirer le maximum des nouvelles technologies.

En tant qu’il définit la vision et la raison d’être de l’entreprise, et qu’il dirige ses équipes tout en leur laissant l’espace disponible pour qu’elles soient des forces de proposition créatrices de valeur, le leader est donc véritablement la clé de voûte de l’entreprise du XXIème siècle. Bienvenue dans l’ère des leaders !