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Réduire son stress avec les fréquences musicales

Depuis un an, dans les services d’anesthésie et de réanimation infantiles, la musique classique résonne dans les couloirs qui étaient avant connus pour être froids et impersonnels. Des professionnels de la musique viennent régulièrement jouer pour les enfants du service, des instruments sont également en libre-service pour les enfants, les parents et le personnel de l’hôpital.

 

Enfin, le plus souvent possible, un musicien accompagne l’enfant jusque dans la salle d’opération. Introduire la musique dans cet espace n’est nullement un caprice artistique, jouer ces notes harmonieuses et apaisantes a un effet important sur le stress des enfants et leur capacité à appréhender cet environnement angoissant qu’est l’hôpital, un impact positif sur la réussite des anesthésies a ainsi été constaté.

La musique, un phénomène physique

Cette innovation a été apportée car il existait une croyance profonde que la musique réduit le stress. Tout d’abord, les fréquences sonores n’ont rien d’immatérielles, elles déplacent de l’air de façon différente, qu’il s’agisse par exemple d’un klaxon ou encore d’un murmure, et viennent heurter les tympans de façon différente. Certaines fréquences trop aigues ou trop graves ne sont même pas entendus par l’homme. La musique a donc ainsi une influence physique sur la matière grâce aux ondes alpha, thêta et delta qu’elle véhicule.

La musique du corps

Par ailleurs, le corps humain s’apparente à un véritable orchestre avec l’action de toutes ses composantes : le sang qui coule dans les veines, les vibrations du système nerveux ou encore le battement du cœur. En cas de sons extérieurs trop violents ou rapides, une perturbation de cet orchestre interne s’opère, cela entraînant une augmentation du stress. L’inverse se produit lorsque la musique se met en harmonie avec les fréquences internes du corps.

 

Certains sons entrent donc en résonance avec notre être apportant apaisement et harmonie tandis que d’autres causent perturbation et stress, ce que nous pourrions appeler des « fausses notes » sans réduire ce terme au seul domaine de la musique. Cela explique alors l’effet anti-stress des musiques douces, par exemple celles de relaxation, cela pouvant même permettre de s’endormir grâce aux fréquences musicales qui entrent en résonnance avec l’orchestre interne du corps et l’apaise.

La musique comme remède

C’est en partant de ces observations que le chercheur français Fabien Maman a cherché à soigner en utilisant des « diapasons » - petit instrument métallique qui donne le La lorsqu'on le fait vibrer – à même les points d’acupuncture. Les vibrations ainsi produites se répandent dans le corps et permette de l’apaiser en réduisant le stress psychique et la crispation physique du corps. Toutes les musiques ne produisent pas les mêmes effets. La musique classique permet d’améliorer la concentration et la mémoire, le chant grégorien est idéal pour travailler ou méditer et atténue le stress. Quant à la musique baroque, comme celle de Bach, une sensation d’ordre, de tranquillité et de sécurité emplit l’auditeur.

 

C’est en se fondant sur cette idée qu’une expérience particulièrement intéressante a été effectué dans le métro de Newcastle : le rock diffusé a été remplacé par du baroque. Les mélodies plus douces produites par les instruments traditionnels ont eu une efficacité étonnante en faisant diminué les dégradations et les agressions de moitié. Ce procédé a alors été généralisé. À l’inverse de ces musiques apaisantes, le heavy metal va augmenter le rythme du cœur, celui de la respiration. Il en est de même pour la musique techno dont les pulsations obligent l’organisme à s’adapter, augmentant ainsi son rythme et le stress de l’auditeur.

 

Ces réactions physiques sont dues à la sollicitation excessive des tympans qu’exercent ces fréquences musicales. La musique de relaxation est une suite logique pour qui cherche à réduire son stress, c’est un nouveau style musical qui s’est développé il y a quelques années.

 

Ainsi, déjà en 2012, le Dr David Lewis-Hodgson de Mindlab International avait démontré que la musique pouvait considérablement réduire le stress de l’auditeur en créant un des titres les plus apaisants au monde : « Weightless » de Marconi Union. Il permet de réduire l’anxiété de l’auditeur de 65% et de 35% le taux de repos physiologique habituel. L’efficacité de cette musique est telle qu’il est recommandé de ne pas l’écouter en voiture à cause de son caractère soporifique !

 

La musique agissant contre le stress, en écouter en travaillant peut donc être un bon remède à la vie professionnelle bien souvent très exigeante mentalement. Mais quels sont ses effets sur la productivité au travail ? Daniel Levitin, musicien et chercheur en psychologie cognitive, ayant écrit « This is your brain in music », met en garde sur le fait que la musique peut parasiter les circuits actifs et mobiliser les fonctions cognitives du cerveau sur des tâches peut être rendu moins optimal. L’inverse se produit lorsque la tâche est répétitive ou monotone, la musique stimule alors l’esprit et le cerveau se « synchronise ». Le chercheur précise que la musique a un effet sur le cerveau plus complexe que la parole car elle stimule plus de régions cérébrales, elle a donc des effets sur le corps comme la stimulation de la mémorisation et le fait de moins ressentir la fatigue, et ce particulièrement pour la musique classique ou relaxante.

 

La chercheuse Teresa Lesiuk de l’Université de Windsor a analysé l’influence de la musique sur la créativité et la productivité d’ingénieurs informaticiens : ceux ayant écouté de la musique étaient moins stressés et ont pu trouver de meilleures idées tout en finissant leur travail plus vite. La musique instrumentale est la plus recommandée par la chercheuse. Enfin, toutes les personnes ne sont pas égales face à la musique, les mélomanes sont naturellement plus réceptifs et certains sont plus sensibles que d’autres au caractère anti-stress de la musique.